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L’Europe de 2021 : à l’épreuve du futur

L’aventureuse année 2020 marque une nouvelle étape dans la prise de pouvoir des banques centrales sur notre économie. En Europe, la BCE a franchi un cap en faisant sauter le verrou psychologique des 2% d’inflation. Comprenez : il n’est plus tabou de stimuler la hausse des prix au-delà ce chiffre, en utilisant sans limite des stéroïdes financiers, car il faut éviter la déflation « quel qu’en soit le prix ».

Du spectre de la spirale négative, à l’optimisme d’une relance post-pandémie, nous balayons les scénarios possibles et analysons les implications sur votre patrimoine.


« Si l’inflation est un génie, alors la déflation est l’ogre qu’il faut combattre avec vigueur ». Avec ces mots, Christine Lagarde annonçait la couleur dès 2014.

Pour les puissances occidentales comme la France, hausse des prix rime avec croissance. En effet, une inflation raisonnable contribue à créer un climat propice à l’investissement : les ménages et les entreprises empruntent, les salaires grimpent, la confiance et l’emploi sont au beau fixe.

Ces derniers mois, l’Europe a cependant connu une baisse générale des prix.


Le Japon : ovni économique parmi les puissances mondiales

Il n’existe qu’un seul exemple contemporain de cette situation. À la suite de l’éclatement d’une bulle boursière puis immobilière au début des années 1990, le Japon est entré progressivement dans une longue période de déflation. Les autorités monétaires japonaises ont alors usé de trois leviers à leur disposition :

  • Baisser les taux d’intérêts : en diminuant le coût du crédit pour les particuliers et les entreprises, il est plus facile d’emprunter, et la croissance économique est stimulée par la hausse des investissements.

  • Injecter de l’argent dans l’économie : le terme anglais de Quantitative Easing souvent utilisé pour décrire cette pratique, consiste en fait pour les autorités monétaires à injecter de grandes quantités de liquidités pour relancer l’économie.

  • Déclencher une politique de relance : à l’image du New Deal ayant sorti les États-Unis du marasme dans les années 1930, l’état Japonais investit alors dans les infrastructures nationales : routes, écoles, hôpitaux… relançant l’emploi et certains secteurs clés de l’économie comme la construction.

L’investissement consenti dans les outils de relance, financés par une dette immense, ont permis de maintenir le pays à flot au cours des dernières décennies. Le Japon n’a cependant pas retrouvé l’inflation d’antan. Socialement, cette spirale d’une trentaine d’années a enfanté d’une « génération frugale, qui dépense peu et ne rêve pas en grand », limitée par des perspectives d’avenir incertaines.


Les perspectives pour l’Europe


Si l’exemple du Japon interpelle, c’est parce qu’il nous laisse un enseignement important : une fois la déflation durablement installée, il devient très difficile d’en sortir.

Pour maintenir la stabilité et éviter une telle situation, l’Union Européenne s’appuie sur les actions de sa banque centrale. Comme le Japon, celle-ci utilise, mais de façon préventive, l’injection de liquidités dans l’économie afin de maintenir l’inflation sous contrôle. Comment cela fonctionne-t-il dans la pratique ?

Prenons l’exemple d’un ruisseau dont les courants représentent les flux monétaires : au plus haut de son lit se trouve la Banque Centrale Européenne. En temps de crise, la BCE nourrit le cours d’eau artificiellement. Les premiers bénéficiaires situés en haut du ruisseau sont les états de l’Union, les banques et les grandes entreprises. Ceux-ci vont capter la majorité du flux, afin de rester à flot en maintenant l’emploi et les investissements. Plus bas sur le cours d’eau, les petits entrepreneurs, commerces et particuliers en bénéficieront aussi.

Grâce à ces coups de pouces financés par l’endettement, l’économie évite un freinage brutal, et l’impact sur la croissance et les prix est contenu. Mais vous l’aurez compris, la limite de ces manœuvres est que l’économie locale, en bout de chaine, ne bénéficie que partiellement des efforts de la BCE.

Dans ce contexte, les banquiers centraux en Europe et aux États-Unis sont prêts à remettre en question l’objectif de limiter l’inflation à 2%. Désormais, leur action s’étendra sans limite, même en cas de reprise subite de l’inflation à la sortie de la pandémie.




Votre patrimoine à l’épreuve du futur : le Tableau de Bord Ultime


Les implications des politiques monétaires et macro-économiques peuvent paraître intangible au regard de nos vies quotidiennes, et des intérêts personnels des épargnants. Pourtant, il existe une corrélation directe entre l’évolution des prix, les taux d’intérêts, et la rentabilité de votre épargne ou de vos investissements.

Nous avons créé pour vous un tableau de bord afin de prévenir toutes les situations, et d’ajuster votre stratégie d’épargne à l’évolution de l’inflation.